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À l’approche des vacances, les envies peuvent varier. Le repos complet sur une plage et le chant des cigales comme fond sonore, la découverte d’une capitale vibrante, le même rituel ressourçant chaque année, ou encore l’aventure totale ! Pour vos prochaines vacances, je vous emmène à vélo, dans le nord de la Bretagne, où emprunter la célèbre Vélomaritime à la découverte de la Côte de Granit Rose et de la Baie de Saint-Brieuc.
La Vélomaritime, c’est 1500 km de véloroute continue reliant la Manche à la mer du Nord. Un tracé aux paysages imprenables qui a l’avantage de pouvoir se découper en étapes, pour s’adapter au rythme et aux envies de chacun.
Dans cet article, je vous propose un voyage en 4 étapes entre Morlaix (Finistère) et Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor).
Avant de prendre la route, quelques préparatifs s’imposent : vérifier l’état de son vélo (freins, pneus, dérailleur), prévoir le bon équipement (sacoches étanches, antivol, kit de réparation, trousse de premiers secours), consulter les prévisions météo et repérer en amont les hébergements ou campings sur le tracé. Mieux vaut aussi s’assurer que son vélo est accepté dans le train choisi, certains trajets nécessitant une réservation spécifique pour les deux-roues.
Une fois les vélos chargés et prêts, direction Paris-Montparnasse pour rejoindre Morlaix, première étape ferroviaire de ce voyage à pédales.
Je vous recommande de quitter Paris tôt dans la matinée afin d’arriver à Morlaix en début d’après-midi et de se lancer, sans se presser, dans cette première étape.
Arrivée à Morlaix, je suis tout de suite charmée par sa construction atypique au sein d’une vallée encaissée. La ville se reconnaît à ses grands escaliers, ses rues en lacets et son viaduc monumental qui lui a valu le surnom de « Cité du Viaduc ». Comptez deux heures de vélo pour rejoindre Tredrez-Locquemeau avant que le soleil ne disparaisse.
La route longe ensuite Plestin-les-Grèves, mais c’est le détour par Locquirec qui s’impose : j’ai pu y profiter de plusieurs plages avec vue sur la baie, ainsi que de l’église Saint-Jacques et son jardin du XVe siècle, classée aux Monuments historiques. Je reprends ensuite la côte jusqu’à Tredrez-Locquemeau où en fin d’après-midi, la lumière rasante sur la mer suffit à me faire oublier je me réveillais encore ce matin à Paris.
Arrivée à destination et l’appétit ouvert par cette première journée de vélo, je vous conseille vivement de faire comme moi et de mettre les pieds sous la table au Café Théodore (Rue Marguerite Allain Faure, 22300 Trédrez-Locquémeau), café culturel créé en 2007 proposant une large programmation (concert, projections, théâtre, etc.) tout au long de l’année. Vous pourrez profiter du charme de cette grande bâtisse en pierres et vous installer sous les lampions du jardin, pour boire un verre tout en assistant à l’événement du jour.
A la nuit tombée, libre à vous de choisir entre une nuit anticipée en location ou trouver un bout de champs à quelques centaines de mètres de là, où planter la tente avec une seule hâte : découvrir au réveil une vue magique sur la mer !
Après avoir profité de la douceur du réveil face à la mer, je me lance dans cette deuxième étape et rendez-vous à Lannion, à quelques kilomètres de là, pour petit-déjeuner. Également catégorisée comme “ville-pont”, Lannion donne son nom à la baie adjacente. Vous y découvrirez l’église de la Sainte-Trinité de Brélévenez, accessible par un vertigineux escalier en pierres éponyme.
Le plein d’énergie fait, j’ai plaisir de ne presque jamais quitter la mer du regard en reprenant la route. Le tracé traverse successivement les villages de Trébeurden, Trégastel, Ploumanac’h et Perros-Guirec avant de rejoindre Plougrescant, tous nichés au cœur de la Côte de Granit Rose. Ces villages font de cette étape l’une des plus spectaculaires du parcours et comptent parmi les incontournables du nord de la Bretagne.
La Côte de Granit Rose est une zone côtière où le granit joue avec des teintes brunes aux dominantes roses. Ayant envie de prendre mon temps, je n’ai pas hésité longtemps avant de m’autoriser quelques pauses pour emprunter partiellement le chemin des douaniers et profiter du caractère extraordinaire des lieux.
Un peu plus loin, surprise ! Je tombe, par hasard je l’avoue, sur le Jardin de Pellinec (Jardin de Pellinec, 1 Rue de la Baie de Pellinec, 22710 Penvénan). Ce trésor de conifères en tous genres est le fruit de plus de vingt ans de travail de Gérard Jean, passionné de jardinage et “heureux parmi les plantes”. Celui-ci a entamé la création de cette véritable forêt abritant presque 2500 variétés, allant du jardin tropical, au jardin anglais, en passant par le jardin Austral, l’étang aux nymphéas, ou encore le jardin d’iris. De nombreuses fleurs tiennent également compagnie à ces arbres du monde entier. Passez la grille du jardin et perdez vous… on en ressort totalement apaisé !
N’oubliez pas de pédaler quand même car la suite en vaut la peine : le coucher de soleil sur le gouffre de Plougrescant !
Arrivée en début de soirée, j’avais anticipé et réservé au Ty Gouffre (Site de Castelmeur, 22820 Plougrescant), restaurant côtier à quelques mètres seulement du site du Gouffre de Plougrescant. Vous y dégusterez des huîtres ou encore de nombreux plats de la région tout en profitant d’une vue imprenable sur les îlots et les galets environnants.
N’ayant pas eu le temps de me rendre autour du gouffre la veille au soir, cette étape était pour moi un incontournable au levé avant de prendre la route pour Paimpol. Imprégnez-vous de l’air marin matinal et de l’odeur salée des embruns tout en vous promenant le long de ces impressionnants rochers de granit sur lesquels la mer vient se fracasser. Résultat d’une érosion marine il y a des millions d’années, le gouffre continue d’être façonné par les vagues. Ne manquez pas la “Maison entre deux rochers”, construite en 1861 pour résister aux conditions météorologiques de la région.
Si comme moi, vous êtes curieux d’en apprendre plus sur ce lieu ? Rendez-vous à la Maison du Littoral où faune, flore et paysages vous seront présentés par les gardiens de cet endroit unique.
Le regard suspendu à ce paysage mêlant étrangement chaos marin et rêveries, l’objectif pour moi est à présent d’atteindre l’Île-de-Bréhat pour déjeuner loin des côtes. Le chemin se fait par Tréguier, connue pour ses ruelles et ses maisons à pans de bois, et Lézardrieux, avant de prendre la direction de la pointe de l’Arcouest où se trouve le départ des vedettes pour Bréhat (6 Rte de l’Embarcadère, 22620 Ploubazlanec). Attention, les billets vélos sont uniquement disponibles à l’achat sur place en billetterie.
L’Île-de-Bréhat inclut son île principale et un peu moins d’une centaine d’îlots et récifs voisins. Elle fut le premier site naturel classé en France en 1907. Sur l’île, je prends le temps de découvrir le cœur du village et de me perdre au gré des habitations et des fermes un peu plus isolées. Vous y découvrirez également de nombreux phares, chapelles, moulins et plages. Prairies où paissent les moutons, mer à perte de vue : l’Île-de-Bréhat tient d’un bout préservé du monde.
De retour sur le continent, il ne reste plus que quelques minutes de vélo pour atteindre Paimpol, l’un des principaux ports de pêche et de plaisance de la Manche. Après une journée intense et pleine de découvertes, je m’assois à la terrasse du Bariodé (12 place du Martray, 22500 Paimpol) pour profiter de quelques fruits de mer avec vue sur le port et ses grandes maisons d’armateurs.
Motivée pour cette dernière journée à pédaler je ne quitte pas Paimpol – et vous recommande vivement de faire de même – sans visiter l’Abbaye de Beauport (Rue de Beauport, 22500 Paimpol), dont les anciennes fonctions pastorales, judiciaires et économiques s’étendaient autrefois de l’Île-de-Bréhat à Saint-Brieuc. Aujourd’hui propriété du Conservatoire du Littoral, cette construction du XIIIème siècle est le témoin majeur de l’architecture de Bretagne et fascine au premier regard. Découvrez les ruines des pièces que l’Abbaye a eu à offrir et déambulez dans ses jardins fleuris. Ici, le ciel bleu se confond avec la mer, donnant un charme tout particulier aux lieux.
Transportée par cette visite, je sais qu’il est temps de reprendre la route de Saint-Brieuc et de m’éfforcer de conserver dans mon esprit le souvenir de ces paysages maritimes défilant. Plouha, Saint-Quay-Portrieux, Étables-sur-mer… Les villes côtières traversées ne manquent pas de m’offrir une dernière opportunité de m’arrêter manger une crêpe face à la baie. Au départ de Saint-Quay-Portrieux, il est également possible de partir naviguer au cœur de la baie et y découvrir le large de St-Quay-Portrieux et Binic ou encore les falaises de Plouha. Qui sait, les phoques habitants la baie viendront peut-être vous saluer ! Vous trouverez plus d’informations sur GetYourGuide.
Enfin arrivée à destination finale, l’étape ultime de ce périple en vélo à travers le nord de la Bretagne se fera à la Maison de la Baie (8 Rue de l’Étoile, 22120 Hillion). Situé en plein cœur de la réserve naturelle de la Baie de Saint-Brieuc, ce “musée-parcours” en 7 espaces permet de découvrir tous les secrets des falaises et fonds marins voisins. De plus, un espace entièrement vitré offre une vue imprenable sur la réserve. Je parie que vous vous laisserez aussi prendre au jeu de chasser à la longue vue les oiseaux marins présents !
Partir pour un tour de la Bretagne nord à vélo est la façon idéale d’allier activité physique et tourisme pour les vacances. Quatre jours, deux départements, une côte parmi les plus singulières de France et quelques adresses immanquables, tout est réuni pour faire de ce voyage une parenthèse inoubliable avec vue sur mer. Alors, à vos vélos !
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