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La mer Égée qui scintille. Des maisons blanchies à la chaux accrochées à la falaise. Des ruines de temples dorées sous le soleil du soir. La Grèce, on y rêve longtemps avant d’y aller, et on y repense encore plus longtemps après. Entre la Grèce continentale chargée d’histoire, les Cyclades et leurs criques sauvages, la Crète et sa civilisation minoenne, ou les plages de sable du nord, ce pays ne se résume pas à Santorin et à l’Acropole. Il se vit, se goûte, se prend à son propre rythme, dans une douceur de vivre qui finit toujours par avoir raison de vous.
La Grèce continentale est souvent sous-estimée au profit des îles. C’est une erreur. Athènes, le Péloponnèse, les Météores, Delphes et le nord du pays concentrent certains des sites archéologiques et des paysages les plus impressionnants du bassin méditerranéen. La voiture est recommandée dès que l’on sort d’Athènes.
Athènes est une ville qui déroute au premier abord. Le béton, la circulation, la chaleur en été. Et puis on lève les yeux, et l’Acropole est là, suspendue au-dessus de tout. Le Parthénon, construit au Ve siècle avant J.-C., reste l’un des monuments les plus parfaits jamais érigés par l’être humain. Le musée de l’Acropole, juste en bas, regroupe les frises et sculptures du site dans un écrin moderne et lumineux. Il ne faut pas le manquer. En dehors de la colline sacrée, Athènes surprend par ses quartiers : Monastiraki avec ses marchés, Plaka et ses ruelles pavées, Psirri et sa scène de bars animée jusqu’à l’aube. Deux à trois nuits suffisent pour en saisir l’essentiel.
La péninsule du Péloponnèse est la plus belle étape de road trip de la Grèce continentale. Prévoir au moins cinq jours pour en effleurer les richesses. Nauplie est la ville de base idéale : vieille ville vénitienne, château de Palamède perché à 216 m au-dessus de la mer, atmosphère intimiste. À moins d’une heure, Épidaure et son théâtre antique aux 14 000 places offrent une acoustique prodigieuse, encore utilisée chaque été pour des représentations de tragédies grecques.
Olympie, plus à l’ouest, est le berceau des jeux olympiques : on marche dans l’enceinte sacrée, on foule le stade antique, on visite le musée archéologique parmi les plus riches de Grèce. Mycènes, enfin, révèle les vestiges de la civilisation mycénienne avec sa fameuse Porte des Lions, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Les Météores sont une parenthèse hors du temps. Des monastères orthodoxes du XIVe siècle, construits au sommet de pitons rocheux verticaux qui s’élèvent parfois à 400 mètres au-dessus de la plaine. Six monastères sont encore habités et ouverts à la visite. Le lever ou le coucher du soleil sur les rochers, avec les brumes de la vallée en contrebas, est l’une des images les plus saisissantes de Grèce. On ne peut qu’être séduits. Les Météores se visitent depuis la ville de Kalambaka, à environ quatre heures de route d’Athènes ou accessible en train depuis Thessalonique.
Delphes était pour les Grecs anciens le centre du monde. Le site archéologique, accroché aux pentes du mont Parnasse, donne le vertige par sa position autant que par son histoire : le temple d’Apollon, le théâtre, le stade olympique, et l’oracle qui guidait les décisions des cités et des rois. Le musée de Delphes conserve l’Aurige de Delphes, l’une des plus belles sculptures de bronze de l’Antiquité. Une étape en demi-journée depuis Athènes, ou une nuit sur place pour profiter du site au calme du matin.
Thessalonique est la deuxième ville de Grèce, et l’une des plus agréables. La vieille ville byzantine, les tours ottomanes, le bord de mer animé, la gastronomie réputée comme la meilleure du pays : on s’y attarde volontiers deux nuits. La Chalcidique, au sud-est de Thessalonique, est la destination balnéaire du nord de la Grèce. Les deux premières péninsules (Kassandra et Sithonia) proposent des belles plages de sable blanc, des eaux cristallines, des villages authentiques peu fréquentés par les touristes étrangers. Un contraste bienvenu avec la foule des Cyclades en plein été.
Les Cyclades sont l’image de la Grèce que le monde entier projette. Les maisons blanchies à la chaux, les dômes bleus, les moulins à vent face à la mer Égée, les criques sauvages accessibles en bateau. Mykonos, Santorin, Paros, Naxos, Milos : chaque île a son caractère. On les relie en ferry depuis le port du Pirée (Athènes) ou en avion depuis Paris via Athènes.
Santorin n’a pas volé sa réputation mondiale. La caldeira et les villages de Fira et Oia suspendus au bord du cratère volcanique forment un paysage à couper le souffle. Le coucher de soleil depuis Oia fait partie des expériences visuelles les plus intenses de Méditerranée. Touristique, certes, au point d’être saturée en juillet-août. Mais dès lors que l’on y met les pieds hors saison (mai, juin, septembre), Santorin retrouve une atmosphère presque magique. La plage de Perissa avec son sable noir volcanique est une autre facette de l’île, plus sauvage.
Mykonos est l’île la plus festive des Cyclades. Les moulins à vent, le quartier Little Venice, les ruelles de Chora aux maisons immaculées et aux bougainvilliers roses : la ville est véritablement belle. Les plages comme Paradise ou Super Paradise sont parmi les plus animées d’Europe en été. L’île est aussi une des plus chères de Grèce. Pour un séjour plus tranquille, préférer les petites plages du nord, moins connues.
Paros et Naxos sont les deux îles les plus équilibrées des Cyclades. Paros propose Naoussa, un village de pêcheurs pittoresque dont le port est entouré de tavernes et de bateaux blancs, et la plage de Kolymbithres avec ses rochers de granit polis par la mer. Naxos est plus grande, plus verte, plus sauvage : des villages montagnards authentiques, des plages de sable blanc sur la côte ouest (Agios Prokopios, Plaka), et au port, la Portara, immense porte de marbre d’un temple inachevé du VIe siècle avant J.-C. Une île idéale en famille.
Milos est la révélation des Cyclades pour ceux qui cherchent quelque chose de moins fréquenté. Les falaises multicolores de Kleftiko, accessibles uniquement par bateau, forment un décor irréel de roches blanches et dorées plongeant dans une eau turquoise. Le village de Klima et ses syrmata (maisons de pêcheurs aux portes colorées directement au bord de l’eau) sont parmi les scènes les plus photographiées de Grèce. On s’y perd avec le plus grand des plaisirs.
La Crète est une destination à part entière. La plus grande île grecque se suffit à elle-même pour un voyage de deux semaines, entre ses gorges sauvages, ses sites archéologiques liés à la civilisation minoenne, ses villages de montagne et ses belles plages de sable. On y accède en vol direct depuis Paris ou en ferry depuis le Pirée.
Héraklion est la capitale crétoise. Le musée archéologique national de la ville est l’un des plus importants au monde pour la civilisation minoenne : fresques, céramiques, bijoux en or de la période 2000-1400 avant J.-C. À moins de 30 minutes, le palais de Knossos est le symbole de cette culture fascinante. C’est ici que vivait, selon la mythologie, le Minotaure. Le site est immense, les reconstitutions partielles permettent d’imaginer ce que fut ce palace labyrinthe de 1 300 pièces. Incontournable.
Les Gorges de Samaria sont la randonnée emblématique de Crète. Seize kilomètres à travers un canyon classé réserve naturelle nationale, entre des parois qui se resserrent parfois à quelques mètres de largeur. Le départ se fait à 1 250 m d’altitude, l’arrivée à la mer d’Égée, à Agia Roumeli. Compter cinq à sept heures de marche. Une expérience physique mais mémorable. La saison d’ouverture s’étend d’avril à octobre selon l’état du terrain.
La Canée est la plus belle ville de Crète. Le vieux port vénitien, encadré de maisons colorées et d’un phare ottoman, est une scène de carte postale à toute heure de la journée. La vieille ville mêle ruelles vénitiennes, mosquées ottomanes et marchés couverts débordant d’huile d’olive, de miel, d’herbes séchées et de fromages locaux. Les plages de Falasarna et d’Elafonisi, à une heure à l’ouest, comptent parmi les plus belles plages de sable rose de Méditerranée.
Moins connues que les Cyclades, les îles ioniennes sur la côte ouest de la Grèce proposent une autre atmosphère : plus verte, plus douce, marquée par l’influence vénitienne et française. Corfou, Zante, Céphalonie, Leucade : chacune a ses belles plages et son caractère propre. L’accès se fait par avion direct depuis la France ou depuis Athènes, ou en ferry depuis Patras.
La vieille ville de Corfou, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, est un mélange unique d’influences grecque, vénitienne et britannique. Les ruelles aux arcades vénitiennes, les palais néoclassiques, les deux forteresses face à la mer : c’est une des vieilles villes les plus élégantes de Méditerranée. En dehors du centre, l’île propose des plages réputées (Paleokastritsa, Sidari) et des villages authentiques dans ses collines couvertes d’oliviers.
Zante est connue pour la plage de Navagio, ou « plage du Naufragé » : une épave rouillée échouée sur du sable blanc, encadrée de falaises vertigineuses, accessible uniquement par bateau. L’image a fait le tour du monde. Céphalonie est plus grande, plus sauvage, avec la plage de Myrtos (eaux turquoise et galets blancs entourés de falaises à pic) et le village d’Assos, l’un des plus pittoresques des îles ioniennes.
La Grèce se structure selon deux grands axes : la Grèce continentale (Athènes, Péloponnèse, Météores) et les îles. On peut combiner les deux, mais mieux vaut choisir son camp pour un premier séjour d’une semaine. Voici trois itinéraires types, dont deux sur sept jours et un pour explorer les îles en profondeur.
Une semaine pour explorer la Crète sauvage : plages isolées, gorges, calanques accessibles en bateau, arrière-pays montagneux. On évite les grandes villes au profit des criques et des sentiers.
L’itinéraire idéal pour un premier contact avec la Grèce continentale. Trois nuits à Athènes pour poser les bases, puis le Péloponnèse en voiture avec les sites archéologiques les plus spectaculaires du pays.
Deux semaines pour explorer trois îles que les touristes de passage connaissent peu. Pas de Mykonos, pas de Santorin saturée en été : Milos pour ses falaises et ses criques sauvages, Naxos pour ses villages de montagne et ses belles plages de sable blanc, Samos pour son authenticité et ses liens avec la Grèce antique (Pythagore est né ici). On se déplace en ferry entre les îles et en avion depuis Athènes pour rejoindre Samos. Un itinéraire pour ceux qui cherchent la Grèce d’avant le surtourisme.
Mai-juin et septembre-octobre sont les meilleures fenêtres. Les températures sont douces (22-28 °C), la mer est agréable, les sites archéologiques sont accessibles sans la chaleur accablante de l’été. Les prix d’hébergement sont 30 à 50 % moins élevés qu’en juillet-août.
En juillet et août, la Grèce est saturée de touristes, les prix s’envolent, et la chaleur dans les sites archéologiques est difficile à supporter. L’hiver est doux dans le sud et les îles, mais beaucoup d’établissements ferment d’octobre à avril en dehors d’Athènes.
Depuis la France, Air France assure des vols directs vers Athènes depuis Paris-CDG toute l’année, et des liaisons saisonnières vers Héraklion (Crète), Thessalonique, Santorin, Mykonos et Rhodes. Les vols durent entre 3 et 3h30. Avec le programme Flying Blue, un aller simple Paris-Athènes en classe économique commence à 25 000 miles. Les Primes Promo mensuelles peuvent faire baisser ce tarif jusqu’à 25 %. En basse saison (novembre à mars), les offres en miles sont particulièrement intéressantes sur cette destination.
En Grèce continentale, la voiture est quasi indispensable dès que l’on sort d’Athènes. Le réseau routier est bon dans l’ensemble, la signalisation en grec et en latin. Pour la location, Discover Cars permet de comparer les offres des loueurs locaux (souvent moins chers que les grands groupes) et internationaux.
Entre les îles, les ferries sont le mode de transport principal depuis le port du Pirée à Athènes. La compagnie Hellenic Seaways et Blue Star Ferries desservent les principales îles des Cyclades, la Crète et le Dodécanèse.
La Grèce est l’une de ces destinations où l’on revient toujours avec un endroit nouveau à explorer. Athènes pour la Grèce antique, le Péloponnèse pour les sites archéologiques, les Météores pour le vertige, les Cyclades pour la douceur de vivre et les criques sauvages, la Crète pour la profondeur historique et les belles plages.
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