TAP Air Portugal : ce que le choix d'Air France-KLM ou de Lufthansa changerait pour vos miles


Le gouvernement portugais doit trancher dans les prochains jours entre Air France-KLM et Lufthansa pour la privatisation partielle de TAP Air Portugal. Pour un voyageur français, l'enjeu n'est pas le montant de l'opération mais une question très concrète : dans quelle alliance et dans quel programme de fidélité se retrouvera la compagnie qui relie le mieux l'Europe au Brésil.
Les deux groupes ont déposé leurs offres fermes améliorées le 30 septembre. L'agence publique Parpublica prépare le rapport qui servira à départager, et la décision est attendue à la mi-octobre.
L'État portugais met en vente 49,9 % du capital de TAP, répartis ainsi :
Le vainqueur entamera ensuite une ultime négociation avec Lisbonne avant la signature.
L'opération solde une séquence ouverte en 2020, quand TAP avait été nationalisée en urgence pour encaisser le choc de la pandémie. En contrepartie d'une aide publique de 3,2 milliards d'euros, la compagnie a conduit depuis 2021 un plan de restructuration sous l'égide de la Commission européenne.
Le groupe a confirmé une offre portant sur une participation allant jusqu'à 49,9 %. Son directeur général Benjamin Smith a déclaré que « notre intérêt pour TAP est plus fort que jamais », en présentant un plan de long terme destiné à faire de Lisbonne le hub exclusif du groupe au Portugal, avec un développement annoncé à Porto et dans d'autres villes.
Deux détails comptent pour nous. L'offre couvre explicitement tous les segments de l'activité, programmes de fidélité compris. Et elle a reçu le soutien de Delta Air Lines, partenaire de la coentreprise transatlantique du groupe, ainsi que de SkyTeam.
Depuis son hub de Lisbonne, TAP dessert 89 aéroports dans 31 pays avec une centaine d'Airbus et environ 7 700 salariés. Surtout, elle est le premier transporteur européen vers le Brésil, et la porte d'entrée naturelle vers l'Afrique lusophone.
C'est précisément là que le réseau d'Air France-KLM est le moins dense. Un lecteur qui cumule des Miles sur l'Amérique du Sud n'a aujourd'hui qu'un choix limité de vols primes au départ de la France.
La compagnie est membre de Star Alliance depuis mars 2005. Son programme, TAP Miles&Go, compte quatre niveaux de statut, de Miles&Go à Navigator en passant par Silver et Gold, et revendique plus d'une centaine de partenaires.
Autrement dit, TAP appartient aujourd'hui au camp d'en face : celui de Lufthansa, pas celui de SkyTeam et de Flying Blue.
Il existe un cas récent et documenté de compagnie qui change de camp après une prise de participation : ITA Airways. Lufthansa Group en détient 41 %, ITA a engagé son retrait de SkyTeam, et la compagnie italienne est entrée dans Star Alliance en avril 2026, parrainée par Lufthansa tout au long de son intégration.
Ce précédent dit deux choses. D'abord qu'un changement d'alliance suit bien, en pratique, une prise de contrôle industrielle. Ensuite qu'il ne se fait pas du jour au lendemain : chez ITA, le retrait de SkyTeam a été engagé bien avant l'entrée effective dans Star Alliance.
Si Air France-KLM l'emporte, il faut s'attendre à voir TAP rejoindre SkyTeam à terme. Lisbonne deviendrait un point de cumul et de dépense en Miles Flying Blue, les statuts Flying Blue y seraient reconnus, et le Brésil s'ouvrirait nettement en primes au départ de la France.
Si Lufthansa l'emporte, rien ne bouge de notre côté : TAP reste dans Star Alliance, dans l'orbite de Miles & More, et continue de ne servir les détenteurs de Miles Flying Blue qu'au prix fort.
Aucun des deux groupes n'a annoncé de changement d'alliance, et le gouvernement portugais n'a pas tranché. Ce qui précède est une conséquence attendue au vu du précédent italien, pas une décision publiée.
Concrètement, il n'y a rien à faire dans l'urgence. Des Miles&Go déjà acquis ne s'évaporent pas à l'annonce, et accumuler aujourd'hui dans un programme en pariant sur une bascule reviendrait à spéculer sur une décision qui n'est pas prise. La bonne date à retenir est la mi-octobre.
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