Prix des billets d'avion : +7 % en 2026, et ce n'est pas fini


Le prix des billets d'avion monte, et la cause tient dans un seul chiffre : le kérosène coûte près de 70 % plus cher qu'il y a un an. L'IATA, l'association qui représente plus de 370 compagnies aériennes et quelque 85 % du trafic mondial, a chiffré l'ampleur du choc dans ses prévisions financières pour le secteur. Les compagnies absorbent une partie de la facture et répercutent le reste.
La vraie question, pour qui réserve un vol, est ailleurs : où la hausse se loge-t-elle exactement ? Les chiffres de l'IATA y répondent assez précisément, et la réponse déplace le curseur du billet vers les suppléments. C'est aussi là que le choix d'une carte bancaire adaptée au voyage change le calcul final.
L'IATA attend un prix moyen du kérosène de 152 dollars le baril sur l'année 2026, contre 90 dollars en 2025. Le pétrole brut progresse nettement moins vite : 95 dollars le baril de Brent, contre 69 l'an dernier, soit 37 % de plus.
L'écart entre les deux porte un nom, le crack spread : c'est la prime payée pour raffiner du brut en kérosène. L'IATA l'attend à 57 dollars le baril en 2026, un record historique. Les compagnies ne subissent donc pas seulement un pétrole plus cher, elles subissent un kérosène plus cher que le pétrole ne l'explique à lui seul.
Pour l'ensemble du secteur, la facture de carburant passe de 252 à 350 milliards de dollars, soit près de 40 % de plus en un an. La consommation, elle, ne bouge pas : 104 milliards de gallons, exactement comme en 2025. La hausse vient donc entièrement du prix. Résultat, le carburant pèse désormais 31,4 % des charges d'exploitation des compagnies, contre 25,4 % un an plus tôt.
| Le carburant des compagnies | 2025 | 2026 (prévision) |
|---|---|---|
| Kérosène, le baril | 90 $ | 152 $ |
| Brent, le baril | 69 $ | 95 $ |
| Facture carburant du secteur | 252 milliards $ | 350 milliards $ |
| Part du carburant dans les charges | 25,4 % | 31,4 % |
| Carburant consommé | 104 milliards de gallons | 104 milliards de gallons |
L'IATA est explicite : les tarifs aériens augmentent pour récupérer une partie du choc pétrolier. La recette au kilomètre par passager, l'indicateur qui mesure le mieux le prix réel d'un billet, progresse de 7 % en 2026.
Les recettes de billetterie atteignent 839 milliards de dollars, en hausse de 9,2 %, alors que le trafic ne croît que de 2,1 %. Cet écart entre les recettes et le trafic, c'est le prix.
Les compagnies n'ont pas tout répercuté pour autant. Le bénéfice net par passager transporté tombe à 4,50 dollars, contre 9,10 dollars en 2025. La marge nette du secteur passe de 4,2 % à 2,0 %. Air France-KLM avait déjà annoncé une hausse de ses tarifs long-courriers au printemps, et Transavia annulé des vols en invoquant le kérosène.
C'est le point le plus utile à retenir. Les revenus annexes des compagnies, c'est-à-dire le bagage en soute, le choix du siège, l'embarquement prioritaire ou l'accès au salon, progressent de 12,6 % en 2026 pour atteindre 165 milliards de dollars. Plus vite, donc, que la billetterie et ses 9,2 %.
L'IATA ne laisse aucun doute sur l'intention : cette croissance rapide traduit la stratégie des compagnies pour maximiser leurs recettes face au choc pétrolier. Un seuil symbolique est d'ailleurs franchi, puisque les revenus annexes rapporteront cette année davantage que le fret aérien, ce qui n'était plus arrivé depuis 2019.
Pour vous, cela change la façon de comparer deux vols. Un billet affiché quelques euros moins cher qu'un autre peut très bien revenir plus cher une fois le bagage et le siège ajoutés. Le tarif d'appel devient un indicateur de moins en moins fiable.
Les compagnies européennes sont dans une position particulière. Leur demande progresse de 2,8 % en 2026 quand leur capacité, mesurée en sièges-kilomètres offerts, n'augmente que de 1,3 %. Deux fois moins vite. Le coefficient de remplissage du secteur atteint pour sa part un record de 84 %, contre 83,5 % en 2025.
| Compagnies européennes | 2025 | 2026 (prévision) |
|---|---|---|
| Demande (passagers-kilomètres) | +5,3 % | +2,8 % |
| Capacité (sièges-kilomètres offerts) | +5,2 % | +1,3 % |
| Marge nette | 4,5 % | 3,1 % |
| Bénéfice net par passager | 10,30 $ | 7,50 $ |
Un autre facteur joue, et il est propre à l'Europe. Les compagnies du continent avaient couvert environ 70 % de leurs besoins en carburant avant la crise énergétique, ce qui a amorti le premier choc. Ces couvertures arrivent progressivement à échéance, et l'IATA prévient que les coûts plus élevés se transmettront à mesure qu'elles s'épuisent. La hausse n'a donc pas fini de passer dans les tarifs européens.
Aucune astuce ne neutralise un choc pétrolier. En revanche, la façon dont la hausse se répartit entre le billet et les extras ouvre quelques marges de manœuvre réelles.
Reste le cas des miles, sur lequel il faut être honnête.
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La cause principale est le prix du kérosène, attendu à 152 dollars le baril en moyenne sur l'année contre 90 dollars en 2025. La facture de carburant du secteur passe de 252 à 350 milliards de dollars alors que la consommation reste identique. Les compagnies répercutent une partie de cette hausse dans leurs tarifs et absorbent le reste dans leurs marges, qui tombent de 4,2 % à 2,0 %.
La recette au kilomètre par passager, qui mesure le prix réel d'un trajet, progresse de 7 % en 2026 selon l'IATA. Les recettes de billetterie augmentent de 9,2 % pour un trafic en hausse de seulement 2,1 %, ce qui confirme que la différence vient bien du prix. La hausse n'est pas uniforme : elle dépend de la compagnie, de la route et de la date de réservation.
En Europe, probablement. Les compagnies du continent avaient couvert environ 70 % de leurs besoins en carburant avant la crise, et l'IATA indique que les coûts plus élevés se transmettront à mesure que ces couvertures arrivent à échéance. Une partie du choc n'est donc pas encore passée dans les prix affichés.
Plus chers qu'en 2025, oui. Plus chers qu'il y a dix ans, non. L'IATA estime le tarif aérien moyen réel, suppléments inclus, à 462 dollars en 2026, soit 26,3 % de moins qu'en 2016 une fois l'inflation prise en compte. La hausse actuelle intervient donc après une longue période de baisse.
Pas automatiquement. Les programmes dont les billets primes sont tarifés dynamiquement, comme Flying Blue, font suivre à leurs barèmes une partie du mouvement des prix en argent. Nous avions d'ailleurs relevé que les billets primes Flying Blue coûtaient plus cher selon le tarif choisi. Les miles restent utiles, mais ils ne constituent pas une couverture contre l'inflation des tarifs.
Celles qui prennent en charge les postes qui augmentent le plus vite, c'est-à-dire les suppléments. Un bagage en soute inclus, un accès aux salons ou une assurance voyage solide pèsent davantage dans le coût total qu'il y a deux ans, puisque les revenus annexes des compagnies progressent de 12,6 % contre 9,2 % pour la billetterie. Notre comparatif des meilleures cartes bancaires détaille ces avantages produit par produit.
Non, elles y perdent. Le bénéfice net du secteur est divisé par deux, de 45 à 23 milliards de dollars, et le bénéfice par passager transporté tombe de 9,10 à 4,50 dollars. La hausse des tarifs ne compense qu'une partie de la hausse des coûts, puisque les charges d'exploitation progressent de 13 % quand les recettes n'avancent que de 9,4 %.
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