Revolut prépare son entrée en Bourse et vise une double cotation à Londres et au Nasdaq

Revolut a confirmé le jeudi 17 septembre 2026 à l'AFP étudier une double cotation : à la Bourse de Londres et sur le Nasdaq, à New York. Son cofondateur et directeur général Nik Storonsky a détaillé sa préférence pour le marché américain dans les colonnes des Échos.
Aucune date n'est arrêtée, aucun prospectus n'est déposé. Ce qui change, c'est l'intention : pour la première fois, le patron de Revolut évoque une cotation à Londres, une place qu'il jugeait hors jeu il y a deux ans.
Ce que Revolut a confirmé
Une double cotation, Londres et Nasdaq
« En réalité, nous prévoyons pour le moment une double cotation, à la Bourse de Londres et au Nasdaq », déclare Nik Storonsky. La formulation compte : « pour le moment » n'engage pas, et l'entreprise n'a communiqué ni volume, ni valorisation visée, ni banques conseils.
Le calendrier : rien de daté
En avril 2026, interrogé dans l'émission de l'investisseur américain David Rubenstein, le dirigeant avait évoqué une introduction possible « d'ici deux ans », sous réserve de la « bonne santé du marché ». C'est la seule indication de calendrier disponible à ce jour, et elle est conditionnelle.
Pourquoi Nik Storonsky préfère New York
L'argument tient à la profondeur du marché. Les États-Unis offrent selon lui « un marché plus vaste », avec « des investisseurs institutionnels, des fonds spéculatifs, des gestionnaires de fonds et un nombre considérable d'investisseurs particuliers ».
Il le résume sans détour : « Nous avons donc le choix entre vendre sur un petit marché avec peu d'acheteurs, ou sur un marché gigantesque avec énormément d'acheteurs qui vont se battre pour nos actions. Donc, oui, nous préférons les États-Unis. »
Le revirement par rapport à 2024
En 2024, le même dirigeant affirmait que la Bourse de Londres « ne pouvait pas rivaliser » avec celle de New York. Le siège du groupe est pourtant à Londres, dans le quartier d'affaires de Canary Wharf, et la place britannique mène depuis le Brexit une opération de séduction ciblée sur les fintechs. Retenir Londres dans le dispositif, même en second, est donc un signal politique autant que financier.
Une année entière passée à collecter des licences
L'annonce n'arrive pas isolément. Depuis janvier, Revolut a méthodiquement transformé son statut réglementaire, marché par marché, et c'est précisément ce qui rend un dossier d'introduction en Bourse défendable.
Royaume-Uni, France, États-Unis
- 11 mars 2026 : le régulateur britannique accorde à Revolut Bank UK Ltd une licence bancaire complète au Royaume-Uni, après des années d'attente ;
- 10 août 2026 : l'ACPR et la Banque centrale européenne agréent Revolut Bank S.A., ce qui vaut licence bancaire française de plein exercice ;
- 3 septembre 2026 : l'Office of the Comptroller of the Currency délivre une approbation conditionnelle aux États-Unis, suite du dossier déposé un an plus tôt.
Australie, Colombie, Suisse
S'y ajoutent une licence australienne obtenue cet été, une licence bancaire en Colombie le 15 septembre, et une demande déposée le 17 septembre auprès de la FINMA en Suisse, le même jour que les propos sur la Bourse. Six juridictions en neuf mois.
Les chiffres du dossier
Trois données circulent, toutes attribuées à l'entreprise ou à l'AFP :
- 115 milliards de dollars de valorisation, atteints en juillet lors d'une vente secondaire d'actions ;
- plus de 80 millions de clients dans 40 pays ;
- un objectif affiché de 100 millions de clients dans 100 pays.
Pour situer la trajectoire, nos articles sur les résultats annuels du groupe et sur son expansion mondiale donnent les ordres de grandeur des exercices précédents.
Ce que ça change pour un client français
Rien sur votre compte. Une introduction en Bourse ne modifie ni les abonnements, ni les cartes, ni le programme RevPoints, et l'entité qui vous sert reste celle qu'indiquent les mentions légales de Revolut.
Deux effets méritent d'être suivis, sans être anticipés. Une société cotée publie des comptes détaillés et se soumet à une information financière régulière : on en saura davantage, et plus régulièrement, sur la rentabilité réelle de chaque marché. Et une cotation s'accompagne le plus souvent d'attentes de rentabilité accrues, ce qui peut peser sur la tarification, c'est une tendance observée ailleurs, pas une annonce de Revolut.
Si votre question porte sur l'abonnement à choisir aujourd'hui plutôt que sur l'action, notre guide quelle carte Revolut choisir et le détail des tarifs des comptes Revolut répondent mieux que ce communiqué.
Questions fréquentes
Revolut est-elle cotée en Bourse ?
Non. Le groupe n'est pas coté. Il a seulement confirmé étudier une double cotation à Londres et au Nasdaq, sans dépôt de dossier ni calendrier public.
Quand Revolut entrera-t-elle en Bourse ?
Aucune date n'est annoncée. La seule indication connue remonte à avril 2026 : Nik Storonsky évoquait une opération possible d'ici deux ans, en la conditionnant à l'état du marché.
Sur quelles places Revolut serait-elle cotée ?
La Bourse de Londres et le Nasdaq, selon les propos du dirigeant. Il indique préférer le marché américain, plus profond, tout en retenant une double cotation.
Combien vaut Revolut aujourd'hui ?
115 milliards de dollars, valorisation atteinte en juillet 2026 lors d'une vente secondaire d'actions. Il s'agit d'une transaction privée, pas d'un cours de Bourse.
Puis-je acheter des actions Revolut ?
Pas aujourd'hui : les titres ne sont pas négociables sur un marché réglementé. Nous ne donnons par ailleurs aucun conseil en investissement.
Mon compte Revolut change-t-il ?
Non. Ni les abonnements, ni les cartes, ni les RevPoints ne sont concernés par ce projet.
Sources : dépêche AFP reprise par Capital, « Revolut prépare son introduction en Bourse et vise Londres et New York », 18 septembre 2026, et entretien de Nik Storonsky aux Échos. Pour suivre la suite, vous pouvez vous abonner à notre infolettre.
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